Année 1988, j'ai douze ans et un copain a apporté une disquette à l'école. Sur celle-ci se trouvait Skate or Die d'Electronic Arts. Cet après-midi-là, nous étions assis devant son 286 et nous avons découvert ce que ce jeu attendait réellement de nous.

Skate or Die est un arcade sportif situé dans l'univers du skateboard — à l'époque encore un phénomène relativement nouveau que l'Occident absorbait à peine, et nous en Tchéquie regardions surtout les clips vidéo. Le jeu propose plusieurs disciplines : freestyle sur une rampe, course en descente, duels au bâton, lancer de canettes. Ce n'est pas un grand monde unifié, plutôt une collection de minigames reliés par un écran central de boutique d'équipement.
Les commandes sont exactement aussi chaotiques qu'on pouvait s'y attendre d'un arcade de 1988. Au clavier, il fallait maîtriser le timing des figures sur la rampe — au début cela semblait être de la chance, puis ça commençait à avoir un sens et tu réussissais ta première belle figure. Cette sensation de récompense était plutôt intense à l'époque. Un joystick rendait les choses plus faciles, mais pas de manière spectaculaire. Le jeu supportait les graphiques CGA, EGA et Tandy, donc le résultat dépendait de ce que tu avais à la maison. En EGA, c'était acceptable, en CGA c'était de l'art abstrait.

Ce que Skate or Die a apporté, c'était surtout son existence sur PC à une époque où les arcades sportifs sur ordinateur étaient rares. Le skateboard comme sujet était aussi cool — et le jeu a vraiment essayé de capturer cette coolitude à travers son esthétique entière, des crêtes mohawk à la musique en passant par le titre lui-même. Aujourd'hui, c'est clairement vieilli. Les graphiques appartiennent à l'histoire ancienne, les contrôles demandent de la patience, et les différentes disciplines ont une qualité très inégale. La course en descente est amusante, le freestyle frustrant, le duel au bâton est plutôt une curiosité.

Aujourd'hui, il est joué par ceux qui veulent ressentir à quoi ressemblait le jeu PC en 1988 — sans sucrage et sans nostalgie excessive. C'est un artefact historique qui mérite une demi-heure d'attention. Surtout si tu n'as jamais eu cette disquette entre les mains à l'époque.