L'arcade qui ronge les pièces de monnaie arrive enfin sur PC, et c'est un moment que j'attends depuis que j'ai quitté la salle de jeux. Alien Syndrome, c'est l'action top-down à l'état pur — pas de détours, pas de cinématiques, juste toi, tes flingues et des bestioles qui te foncent dessus par vagues. Sega l'a créé au milieu des années quatre-vingts pour les bornes, et la version DOS de 1989 en capture l'essence brute, même si elle perd un peu en fraîcheur.

Vous êtes sur un vaisseau infesté. L'objectif ? Descendre les monstres, chercher des otages, progresser niveau après niveau. C'est arcade dans le sang : pas de stratégie élaborée, pas de ressources à économiser. Tu vas de la gauche à la droite, tu tires sur ce qui bouge, tu ramasses les munitions qui tombent. Les niveaux se ressemblent — corridors étroits, portes qui s'ouvrent, vagues d'aliens interchangeables — mais c'est justement ça qui rend le jeu hypnotique.
Le vrai nerf, c'est le gameplay. Ton personnage bouge rapidement, les contrôles répondent, et cette fluidité, c'est ce qui sauve la machine sur PC. Les graphismes VGA sont correctement colorés, les sprites pas mauvais. Mais les ennemis manquent de variété — ils se répètent, et au-delà de la cinquième ou sixième étape, tu sens que tu fais toujours la même chose. La difficulté grimpe, oui, mais en augmentant bêtement le nombre de créatures plutôt qu'en les rendant plus malignes.

C'est une machine à pièces pensée pour te garder collé deux minutes avant que tu verses une autre pièce. Sur ta propre machine, sans cette pression arcadienne, la répétitivité devient pesante. Les musiques sont insipides, le bruitage générique. Ce n'est pas laid, c'est juste impersonnel, construit selon une formule qui a marché au bar du quartier en 1986.

Pourquoi le rejouer aujourd'hui ? Parce qu'il y a quelque chose d'honnête chez Alien Syndrome — pas de fausse profondeur, pas de prétention. Si tu aimes l'arcade pure, la sensation de tirer sans réfléchir, de progresser par l'endurance plutôt que par la malice, tu trouveras ton compte. Mais c'est un jeu de ceux-là, pas de celui-ci. À 1989, c'était une bonne adaptation. Maintenant, c'est une relique confortable.