Été 1992, un après-midi caniculaire, mon copain Honza et moi nous relayons au clavier. Pas pour courir — mais pour gratter assez d'argent pour un moteur correct. Street Rod 2 nous a appris qu'avant chaque course vient une heure à éplucher les petites annonces du journal.

P.Z.Karen Co. a sorti Street Rod 2 en 1991 comme une vraie suite, et sans faire les choses à moitié. C'est une simulation de course ancrée dans la culture automobile américaine des années cinquante et soixante — muscle cars, hot rods, asphalte en dehors de la ville et rivaux qui attendent à chaque coin de rue. Le but est simple et pourtant addictif : devenir le meilleur pilote de la ville et finir par détrôner le roi local de la rue.
Mais y arriver prend du temps. Tu commences avec trois sous en poche, tu feuillettes les annonces du journal, tu achètes une épave, tu la démontes pour les pièces et tu assembles lentement quelque chose qui, au moins, roule. La mécanique de tuning est le cœur du jeu — moteur, boîte de vitesses, pneus, freins, tout peut être combiné et ajusté. Les courses elles-mêmes sont directes : contre-la-montre ou duels face aux rivaux, avec passage de vitesses manuel au clavier. Le timing du passage de vitesse décide du résultat plus que tout le reste. Rate-le, et tu finiras deuxième, avant de ramper jusqu'au garage avec tes derniers dollars pour réparer.

Ce que Street Rod 2 a apporté était réellement exceptionnel pour son temps. Combiner gestion de garage, économie et vraies courses dans un seul paquet sous DOS — ce n'était pas la norme. Les graphismes étaient solides pour 1991, l'audio Sound Blaster faisait son travail. Aujourd'hui, le jeu accuse son âge : le contrôle en course est rudimentaire, l'IA des rivaux est plus scriptée qu'intelligente et la boucle économique se répète au bout d'un moment. Mais cette sensation, quand après trois heures de tuning tu bats enfin le roi de la rue — elle, elle te reste.

Aujourd'hui, Street Rod 2 s'adresse surtout à ceux qui veulent plus que de la course. C'est un jeu pour les patients — pour ceux qui aiment construire quelque chose de leurs mains puis le conduire vraiment. Lance-le dans DOSBox via ton navigateur sans le moindre souci : la première demi-heure dans les petites annonces va soit t'accrocher immédiatement, soit te convaincre d'aller jouer à autre chose. Les deux réponses sont honnêtes.