Tu sautes du mur et tu tombes. Tu tombes, encore et encore, pendant que les sbires communistes te poursuivent en contrebas. C'est Berlin Wall en trois secondes — une logique délirante qui essaie d'être une histoire, mais qui reste de la pure mécanique.

C'est un jeu de plateforme de 1993, quand les salles d'arcade et les jeux de saut sentaient déjà pas mal le réchauffé. Tu incarnes un personnage qui fuit le long du mur de Berlin en ruine, franchit des obstacles, ramasse des objets et échappe aux ennemis. Le cadre est intéressant, mais le jeu ne l'exploite presque pas. Je suis derrière le rideau de fer, je veux sortir, je croise des gardes — ça pourrait être prenant. Au lieu de ça, tu sautilles de plateforme en plateforme comme dans n'importe quel autre jeu de l'époque.
Le contrôle est raide et robotique. Le personnage répond avec un décalage sensible, les sauts ont une portée fixe, aucune finesse. Ce n'est pas le parkour fluide d'un Prince of Persia — de toute façon, ce n'était pas l'ambition. C'est la progression linéaire, plus vieille et plus rugueuse, des années quatre-vingt-dix. Les graphismes sont colorés, l'animation est pataude, les sons sont là pour exister. Le jeu punit tes erreurs et te renvoie en arrière — comme cent autres jeux de plateforme auxquels j'ai joué.

Berlin Wall n'est resté dans la mémoire de personne comme un jeu qui a changé quelque chose. Ce n'est pas un titre culte. Ce n'est pas du « tellement mauvais que c'en est drôle ». C'est juste un rebut d'une époque où un éditeur essayait d'acheter des morceaux de quelque chose de grand — ici, la chute du mur de Berlin comme appât thématique — pour le fourrer dans un espace où il n'a rien à faire.

Aujourd'hui, tu le traverseras une minute ou deux en faisant tranquillement défiler une liste de jeux en ligne. Valeur nostalgique ? Minimale. Gameplay ? Douloureux. Si quelqu'un veut se rappeler la sensation du saut au début des années quatre-vingt-dix, qu'il se tourne plutôt vers Aladdin ou Sonic. Celui-ci, tu n'y toucheras que par complétisme de collectionneur — et encore, c'est le survendre.